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20.04.2008
MDPH et Labrador blanc
Nous sommes allés à la MDPH (à l’époque) au sujet de la rentrée scolaire car l’enseignant estimait qu’il fallait une AVS...
A la MDPH :
Ma fille, Etoile : "Dis Monsieur, comment tu t’appelles, toi ?".
Le Monsieur MDPH répond " Tu peux m’appeler Monsieur Dossier".
De retour à la maison, mon étoile se met à fouiller dans les tiroirs et me sort "le dossier : mon projet de vie", le pose sur la table en demandant "Dis maman, il faut demander à Monsieur Dossier, un labrador tout blanc car j’en veux un".
Ma fille a donc compris et a très vite et bien fait le lien avec la MDPH et le dossier, qu'il fallait demander, supplier, prier… Faut arrêter de la prendre pour une imbécile...
Tandis que l’enseignant revendiquait "l’AVS"… pour l’aider (lui ou elle)… ça, c’est déjà fait pour le "dossier"… et pour la rentrée… Faut dire que l'on se sert pas mal des parents pour cela comme si que l'école n'était même pas capable encore aujourd'hui de déployer elle-même en son sein toutes les aides lorsque cela est vraiment nécessaire pour chacun de ses élèves...
Y’a p’être le dossier qui stigmatise (car je déteste tous ces formulaires administratifs qui ne correspondent à rien, ni à la situation exacte de la vie quotidienne, ni à celle que nous vivons réellement, tous ces papiers qu'on nous demande à tout prix pour encore nous justifier à tout bout de champ et ce n'est jamais assez. En plus, pour que l'administration se donne peut-être bonne consciente et faire croire au reste du monde que c'est bien, c'est bien, c'est parfait, elle a mis tous ses formulaires de toutes les couleurs : il y en a qui sont jaunes, bleus, verts, roses, etc, avec tout plein de petites cases obligatoires à cocher, etc) tandis qu’il y a surtout la vie qui continue, c’est ce qui compte le plus que tout le reste…
Je lui ai pourtant dit à Monsieur Dossier, qu’il ne faut surtout pas se fier à l’apparence et qu’il fallait se méfier de ce qu’il y a de mis dans le dossier du style "elle ne fait pas les liens, elle n’a pas la logique, a des difficultés d’interactions sociales, etc"…
V’là qu’Etoile revendique ses droits maintenant… comme nous, qui sommes souvent encore jugés de "pauvres parents" ou de "précaires" parce que nous essayons de défendre la situation de notre jeune de toutes nos forces et ce, parce que nous refusons de nous soumettre aux dites "décisions" de l’administration lorsque nous les trouvons injustes et inéquitables… et que l'on nous reproche de nous réfugier dans le droit au milieu ordinaire… C'est un peu comme pour avoir ou demander un chien ou un chat comme compagnon, n'est-il pas aussi naturel ou ordinaire ?
Cela me fait rappeler un jour, cette question idiote de la part d'un maître nageur auquel je m'étais adressé pour des cours de natation pour ma fille, du style "Mais pourquoi vous voulez que votre fille apprenne à nager ?"... et qui m'a fait "Non, non" en secouant sa tête, un coup à gauche, puis à droite, à plusieurs reprises, comme signe d'exclusion, tout en pensant "Moi, moi, j'ai décidé qu'elle n'ira pas à mes cours car votre fille n'est pas compétitive, pas assez perfectionnée, pas productive et que cela ne sert à rien"...
Et dire que l'on dit de nous, les parents, que nous sommes dans le déni, que nous n'acceptons pas !
Pourtant, ce manque de culture de savoir être pour faire avec, car le synthétique et l'artificiel l'emportent hélas trop souvent sur ce qu'est le vrai et la réalité, l'essentiel d'au moins rester accueillant et chaleureux, ce qui nous a conduit à rechercher d'autres maîtres nageurs pour qu'Etoile puisse avoir le DROIT à apprendre à nager (cela demande beaucoup de la part des parents, des moyens de développement social très fort sur l'environnement habituel dit "ordinaire") et ne surtout jamais être fatalistes.
Et Etoile sait aujourd'hui nager, elle en est fière, il lui a fallu plus de temps que la majorité qui l'emporte, certes (encore plus, un peu aussi, à cause de ceux qui refusent et rejetent par ignorance), mais il n'existe, ni de norme, ni de loi pour apprendre à nager, c'est comme pour apprendre à lire, écrire et compter... Chacun son rythme.
Ouf heureusement que nous sommes têtus comme des bouriques et surtout pas dans le déni !
Vous me direz que cela n'a rien à voir avec Monsieur Dossier, mais c'est parce que lui aussi, au début (oh, ça fait longtemps, il venait juste d'arriver et prendre son poste), il avait la même réaction conditionnée aussi quand il faisait "Non, Non" avec sa tête, et nous dire "Pas possible"... parce qu'il croyait seulement à ce qu'il y avait d'écrit dans le dossier (vous savez les petits écrits glissés par ci, par là, dans notre dos et celui de notre fille) sans même connaître vraiment la réalité de nos quotidiens. Nous pardonnons.
Monsieur Dossier, lui au moins, il a affaire dans son travail à traiter des dossiers avec toutes les conséquences du handicap, des uns ou des autres, mais sans pouvoir évaluer vraiment les véritables causes qui en font les situations d'exclusion et de discrimination.
Car le DROIT d'apprendre aujourd'hui ne peut se faire par rapport à une loi, ni se comparer, ni se mesurer sur une norme... Ce sont les personnes suivant leur réaction, suivant l'environnement, leurs habitudes, etc...
Cependant, la loi concernant le DROIT d'apprendre ou de laisser apprendre à l'école de leur quartier aux enfants dits "handicapés" (laissons penser pour l'instant le droit d'inscription à l'école du quartier, soi-disant nouveauté de la loi de 2005 concernant les enfants dits "handicapés", d'ailleurs et heureusement, ça fait bien longtemps avant les textes de cette loi là, que nous (et bien d'autres parents) avons inscrit notre fille à l'école de son quartier (1997)... normal...), pourrait voir la concrétisation dans nos actes et donc par la même l'application de ces textes grâce à tous ceux qui refusent la fatalité et que cela pourrait devenir une normalité, une généralité parce que cela entrerait dans les habitudes d'une société.
Mais on a le droit de rêver ! Et heureusement ! Et on en a bien tous besoin...
En fait, le droit n'est pas la loi, il n'a pas de définition (cherchez sur Wikipédia, si, si, j'ai aussi découvert que certains spécialistes du droit tournaient en rond depuis 50 ans de carrière et ne savaient toujours pas ce que c'est que le DROIT)...
Pour nous, simples parents, le droit ressort en quelque sorte de nos devoirs et de notre combat pour la vie et l'universel. La loi s'inscrit ainsi dans un grand projet et ces textes sont bien évidemment que de simples émanations du reflet, des attitudes de notre société, des comportements induits et c'est seulement lorsque des actes se concrétisent, se modifient et vont vers des habitudes nouvelles peu à peu, que de nouveaux droits peuvent être inscrits et s'appliquer par la loi.
C'est dire que l'application de la loi peut toujours avoir un sacré trait d'avance ou de grand retard par rapport au droit naturel et réel pour untel qui peut sembler être appliqué dans les actes et pour un autre, non appliqué... Et que son interprétation est réellement très délicate...
C'est en faisant une requête auprès du tribunal administratif (ça fait longtemps), que nous avons fini par faire une telle interprétation du droit que nous avons estimé bien "bafoué" et que nous y avons réfléchi pendant de longues années, encore jusqu'à ce jour. C'est une affaire très compliquée, que le Juge a écrit par la force de la loi, en nous nommant de "Rétifs"...
Reste donc encore beaucoup de chemin à parcourir pour une société solidaire, équitable et juste, son devenir dépend non seulement du peuple (bien de chacun et de nous tous), mais aussi de la volonté politique mise en oeuvre qui impulsera ou non telle ou telle dynamique... telle idéologie...
14:18 Publié dans Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


Commentaires
Je reconnais les cases dans lesquelles la vie de ma sœur n'a jamais absolument pu rentrer !!! Même si je suis partisane, pour certains, d'une éducation spécialisée, dans des lieux particuliers et avec des professionnels formés, les dossiers à remplir, quel pensums. Mes parents m'ont passé le relais il y a très très longtemps car c'était insupportable pour eux, mais chaque fois, je dis à ma sœur : allez, on essaie de rentrer dans les cases ? Et chaque fois, on déborde, on met des ***, on complète, en fait, on refait le questionnaire à notre façon, à sa vie.
Ecrit par : MoilasoeuràMoije | 21.04.2008
Bonjour,
Nous avons tous été époustouflés par les multiples formulaires (Les personnels MDPH, psychologues, parents, enseignants, etc) et de plus non adaptés la plupart du temps, à la situation réelle des enfants.
Par contre, il me semble que l'on ne devrait plus parler, d'éducation spécialisée mais bien, de personnes en situation de handicap avec des besoins spécifiques ou particuliers (ce qui découle de la situation de handicap pour relever les besoins : aides humaines, techniques, animalières, matériels, etc)...
Il n'y aurait donc plus lieu de penser, soit orientation : éducation spécialisée ou soit éducation ordinaire, où ça tranche sévère entre deux couleurs, soit vous portez que le noir ou soit que le blanc, avec si peu de souplesse, de social et de mixité.
Mais cela se ferait à priori que dans le futur et se trame peut-être (sans que l'on s'en aperçoive car c'est long) peu à peu avec douceur.
Une spécialiste du droit nous rappelait à ce titre, qu'il y a à priori trois étapes à passer :
1/ Changement des mentalités, (modification culturelle et habitudes de société)
2/ Droit (ce qui découle de nouveaux besoins par l'évolution de la société)
3/ Budget, finance (pour se rapprocher des besoins et les satisfaire, ce qui découle par les votes de lois)
Mais je ne suis pas sûre que la politique actuelle ait vraiment compris...
En tout cas, bon courage aussi pour les papiers...
Ecrit par : Crépuscule | 25.04.2008
Je me souviens lorsque Jules à dû avoir son AVS en maternelle.Ce fut une bataille sans merci avec l'éducation nationale. Biensûr nous sommes dans le déni du handicap, biensûr que notre enfant est très très très handicapé.....
Et pourtant il avait été deux ans sans AVS à l'école ordinaire de notre quartier.
Alors je pose la question, pourquoi aujourd'hui il ne peut plus y aller, son handicap n'a pourtant pas evolué au contraire , Jules va mieux , progresse, alors pourquoi dis je au médecin et refereant de la CDES à l'époque.Pourquoi? Parce qu'il n'y a plus d'AVS de disponnible sur votre secteur madame.
Mais moi je m'en fou , vous me pondez une AVS illico presto fallait dans se cas ne pas pondre une certaine loi de février 2005 !!!
J'ai menacé de ne pas partir, de sièger devant les locaux, de revenir tous les jours si il le faut, 1 semaine après Jules avait une AVS.... Comme c'est etrange tout de même !!
Ecrit par : Isa | 17.11.2008
Non, nous ne sommes pas dans le déni du handicap, nous le prenons à bras le corps, nous le vivons pleinement et pas forcément dans le négatif... Ce sont les autres qui sont dans le déni, qui n'acceptent pas, qui rejettent, qui refusent, parce qu'ils méconnaissent, parce que nous vivons une culture dans ce pays très attardée à ce sujet.
Concernant les lois, celles de 1975 suffisaient amplement. D'ailleurs, c'est quand même bizarre, que d'autres lois de 2005, sont passés en même temps que notre mémoire auprès du rectorat à sa préparation pour 2005... Pour faire croire que l'inscription était réfusée pour les enfants handicapés en 1975 ? Peut-être ?
Si l'Education Nationale payait ses amendes comme elle se doit, elle se rendrait compte qu'il vaudrait mieux embaucher des enseignants, etc. Lorsque nous roulons trop vite sur les routes, on paye bien des amendes...
On ne peut pas conditionner la scolarisation d'un enfant au seul motif de la présence de l'AVS, c'est comme conditionner la "scolarisation" au motif que les enfants dits "handicapés" ne peuvent que l'être dans les IME.
Il aurait fallu une vraie refonte des services de l'Education Spéciale en même temps, un travail obligatoire ensemble là où se trouve l'enfant, dans son école du quartier, dans son lieu de résidence de sa famille.
A l'époque le SESSAD, a même refusé d'intervenir dans l'école du quartier.
Preuve que c'est bien de la mauvaise volonté (peut-être bien pire que cela) et n'était qu'une interprétation des textes seulement pour le pouvoir d'orienter la destinée sans même tenir compte de nos droits, des droits de nos enfants, pour de l'abus de pouvoir et non pour les enfants en situation de handicap dans leur respect de leur droit d'enfant et dans le respect de leur parent, etc.
Et dire qu'on continue à lapider l'école pour tous les enfants et leurs parents !
Cette atteinte aux "minorités" (lorsque nos droits ne sont pas respecter et qu'aucune justice ne veut fonctionner à ce sujet) finit bien par gangrèner à tous...
Ecrit par : Crépuscule | 17.11.2008
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